Upper Side West concept.

Upper Side West est une entité artistique à part entière, il s’agit d’une œuvre musicale, littéraire et cinématogra-phique oniroscopiste créée par San Damon.

 

Composé et écrit en 2013, ce morceau est le second mouvement de la Symphorapsodie Oniroscopiste qu’il a présenté sous forme d’épousailles à 178 de ses œuvres photographiques sur le thème de New-York et ce dans différents planétariums dans le monde, dont le plus connu est celui de Bruxelles, en janvier 2016.

 

En mai 2018, la cantatrice-soprano Amalia Avilan enregistre Upper Side West sous forme de single qui est sorti deux mois plus tard. Les arrangements sont lancinants, étranges et mélancoliquement sombres. A la musique et au texte vient s’ajouter l’image.

 

Analyse du texte

Le texte est une vraie réussite littéraire et poétique, Damon y parle d’un New-York désabusé, qui semble vider de ses habitants et qui n’existe plus. On ne parvient pas à exactement situer l’époque, en tout cas l’histoire commence en automne, saison que les psychiatres considèrent comme le début des dépressions mentales épisodiques de l’année. Il évoque Edgar Allan Poe et l’assassinat de Lennon, tous deux morts à cette saison. Le dénommé Jimbo est sans nul doute une sorte de clodo dont le vrai nom serait Jim Morrison. Au début du texte intervient pour en donner l’axe « Rosemarie » qui n’est autre que Rosemarie Baby, la jeune femme qui dans le film de Polanski enfante le diable. Le texte, la musique et le film regorgent de messages subliminaux. Damon déborde sur le seuil de notre inconscience en naviguant entre les choses qui existent encore et celles qui n’existent plus tel que : « Black Stone Cigare » bien connu dans les années vingt à New York ou actuellement une étrange allusion au Lalo Café situé au 201 West 83ème Street, qui n’est pas cité, mais il parle du « Strawberry short cake » une spécialité bien connue de l’établissement.

 

Autre allusion, Amalia Avilan ne dit pas trois cent septante-huit (réelle traduction de l’anglais vers le français), mais trois, sept, huit, soit une addition ( 3+7+8 = 18), 18 ans était l’âge qu’avait la jeune fille qui s’est pendue en 1906 dans la chambre 378 du Dakota Building, cité lui-aussi. Mais c’est aussi une multiplication (3 x 7 x 8 = 168 ou 16 + 8 = 24), 24 ans l’âge de la mort Virginia Clemm. Mais c’est le film qui met en scène la chanson qui rassemble le plus d’interrogations.

 

Analyse de la musique

C’est une voix d’enfant qui commence le thème du morceau, mais juste avant cela on entend un corbeau, peut-être une allusion au texte de Poe « le Corbeau » ou plus certainement, venant d’un San Damon aimant les animaux et fort mélancolique, pour ne pas dire lypémaniaque et dont les ictus émotifs se sentent dans nombre de ses œuvres, prenant sa représentation, au bon sens du terme, de la mort qui plane sur la ville, New-York ne servant là que d’alibi. Ensuite passe un avion comme à l’atterrissage. Est-ce une métaphore de la part de Damon pour évoquer le passage du siècle de Poe au nôtre par le truchement de l’oiseau réel à l’époque de Poe et de l’avion « oiseau de métal » à la nôtre ? Toujours est-il que la voix enfantine pourrait aussi nous parler de Virginia Clemm, femme-enfant de Poe, citée dans le texte ou d’une berceuse qui berce nostalgiquement un monde qui n’existe déjà plus. Dans le break, il y a en bruit de fond des voix et cris de plaine de jeux, référence à son propre texte : « Et Riverside Park est vide…Les cris de River Run Playground sont morts.»

 

Analyse du film

Amalia Avilan se promène en forêt, elle croise une jeune fille, qui représenterait la mort, un échange de sac (rouge sang), avec un revolver prêt à l’emploi, se produit entre elles.                                 

On passe par des phases de mélancolies, de joies et de désespoirs. Son personnage semble se dédoubler par instant, lorsque tout à coup, on replonge dans un New York envahit par les plantes, sa voix part dans une virtuosité qui donnent frissons et émois. Le suicide est inéluctable, mais si on la voit revolver à la main, ce sont surtout les dernières images du film qui coupent le souffle, lorsque le train à pleine vitesse la frôle. Toute la dramaturgie fait jaillir tant la musique, que le texte ou l’interprétation. Le film sort de ce qu’on a pour coutume de voir, soit dans la musique populaire ou dans la musique classique.

Des images subliminales ou presque racontent une contre histoire à celle à laquelle on croit assister et la rumeur veut que ce soit pour cela que San Damon, sans qu’il ne l’ait jamais confirmé, lors d’une interview donné à ce sujet en 2014, a intitulé son titre : Upper Side West et non Upper West Side, comme il se doit.

 

La photo de la pochette du single est forcément de San Damon, là aussi, surprise de voir une Amalia Avilan visage magnifiquement dépressif assise sur le bord de la voie ferrée. Elle qu’on a l’habitude de voir au Carnegie Hall ou dans différentes grandes pièces d’opéras parfaitement maquillée.